1. Entre terre et mer De la Pointe de Trévignon à la Jument, entre les plages et les étangs, un cordon sableux s'étend sur six kilomètres pour créer un univers unique : deux ensembles que les eaux de la mer et celles de la terre alimentent chaque jour de leurs différences. Deux mondes, l'un marin, l'autre continental ; deux milieux qui ont développé une richesse et une diversité de la faune et de la flore.
La dune qui a constitué un véritable barrage naturel à l'embouchure des petits ruisseaux côtiers a permis ainsi la formation d'étangs arrière-littoraux façonnant un paysage original dans un ensemble naturel de 300 ha. On les appelle les " loc'hioù ". Ils sont au nombre de sept, régulièrement espacés mais de taille et de profondeur très variables. Ces caractéristiques ont leur importance pour l'accueil des espèces floristiques et faunistiques. Seuls deux étangs restent en eau toute l'année : le Loc'h Lougar et le Loc'h Coziou. En période de fortes pluies, le plus grand, Loc'h Lougar, peut couvrir une surface de 30 hectares. Autrefois, les riverains le vidangeaient, et, certains étés, les alignements de pierres délimitant des droits de pâtures réapparaissent.
Les échanges avec la mer sont réguliers (grandes marées) pour l'étang de Kerdalé, le Loc'h Louriec et le Ster Loc'h. Les apports d'eau salée peuvent aussi se produire par infiltration à travers le cordon. Ce phénomène se fait sentir pour le Loc'h Coziou qui a une plus grande longueur d'échange. Ecologiquement, les étangs sont des milieux très productifs et très riches. Les aspects les plus spectaculaires de cette qualité sont la diversité et la particularité des plantes et des oiseaux.
Trace visible de l'influence marine : la laisse de mer en bordure d'étang (Photo prise à Kerdallé, source : Lionel PONT) 2. La végétation des zones humides
La répartition des peuplements végétaux est fonction de l'hydromorphie (nénuphar en pleine eau, saule et joncs sur les berges, …) et de la salinité des eaux. Le fond des étangs est peuplé d'espèces d'eau douce ou saumâtre (roseaux, scirpes, iris…) tandis que l'exutoire est colonisé par les plantes qui résistent au sel (obione, salicorne, soude), la transition étant progressive.
La végétation est organisée en ceintures successives assez nettes. Sur le Loc'h Coziou, nénuphars, myriophilles et potamots composent les plantes aquatiques en eau libre. Puis, vient la roselière qui gagne en surface d'année en année. En quelques endroits le scirpe, touffu et pointu, remplace le roseau. Une lisière humide constituée d'une flore colorée sépare l'étang des fourrés ou de la saulaie. Au printemps, on y reconnaît l'or de l'iris faux-acore ou le rose de la renouée aquatique.
La richesse des étangs en phytoplancton attire de nombreux oiseaux hivernants (sarcelle d'hiver, foulque, canard colvert…) et nicheurs (grèbe castagneux, grèbe huppé…). Roselière du Loc'h Coziou (source : Lionel PONT) À mentionner, une plante aquatique rare et protégée, inféodée aux étangs dont les eaux sont très pauvres en nutriments : le Flûteau nageant, présent dans les eaux pauvres en nutriments du Loc'h Lougar. Le Flûteau nageant, plante aquatique protégée (source : mairie) Les bosquets de saules sont certes assez pauvres en espèces mais constituent un pôle de diversité dans le paysage. D'autres part, les friches, particulièrement abondantes le long du Ster Loc'h accueillent beaucoup de passereaux communs : merle, traquet, chardonneret ou, plus rares, comme la fauvette pitchou, paradant fièrement au sommet des buissons ou le gorge-bleue en voie d'installation. Bosquets de saule en ceinture du Loc'h Ar Guer (source : Lionel PONT) 3. Un paradis pour oiseaux et amphibiens Les plans d'eau accueillent de nombreux amphibiens : le Triton crêté, à l'allure de petit dragon aquatique avec sa crête dorsale, la Rainette verte, à l'aise aussi bien dans l'eau qu'au sommet des arbustes grâce à ses ventouses, le Crapaud Calamite, la Grenouille agile, la Salamandre…
Et maintenant, levez les yeux : car ce site est favorable à la richesse et à la diversité des oiseaux (végétation abondante et faible profondeur des étangs). Environ 150 espèces ont été recensées dont 75 espèces nicheuses (grèbe huppé, foulque, héron cendré,… ).
Etape de migration, on peut, à certaines époques de l'année, observer le canard pilet, la barge à queue noire, la spatule blanche…
Plus rares sur les étangs, la sarcelle d'été, le butor étoilé… donnent au site sa légitimité.
La reine des acrobaties : la Rainette verte (source : Lionel PONT) |